mardi 7 juillet 2009

VISITE AU VERGER DE BERNARD VINCENT

Samedi 27 juin nous avons rencontré Bernard dans son verger (environ 4 ha) à Jutigny près de Provins- Nous avons pu faire la connaissance de Bernard de sa famille et des AMAPIENS d’autres villes (Lieusaint et une autre dont j’ai oublié le nom) . Son exploitation est de 4 hectates , une partie est en conversion bio c'est àdire n'a pas encore le label meme si elle est très proche du bio et l'autre est raisonnée
Dans son verger il cultive différentes variétés pommes - poires -prunes -cerises- fraises - framboises . Les poires , cerises , prunes et 5 variétés de pommes sont en conversion bio depuis 2008 .
L'objectif est d'atteindre le bio dans un délai de 3 à 4 ans .
Au cours de nos échanges sur les difficultés rencontrées pour ce type de production nous avons réalisés à quel point elle est technique et relève d’innovation, d’expérimentation, de tâtonnements et de réactualisation d’anciennes pratiques qui se sont perdus avec l’industrialisation de l’agriculture.

1 )LES PRINCIPALES DIFFICULTES RENCONTREES DANS LA PRODUCTION DE FRUITS EN AGRICULTURE BIOLOGIQUE DANS LA REGION ILE DE FRANCE
La production de fruits en Ile de France est problématique en raison de l’ensoleillement et des intempéries – à ces difficultés d’origine climatique se combinent des difficultés liées aux insectes et aux maladies - Ces phénomènes sont probablement aussi liés aux modifications environnementales causées par l’usage massif de pesticides de synthèse (engrais amino-nitratés) depuis les années 50.
Deux nuisances ne sont pas encore réglées de façon biologique malgré diverses tentatives : la tavelure maladie provenant d’un excès d’humidité et le puceron cendré (animal qui pond très tôt en mars et contre lequel il semble ne pas exister de prédateurs connus) , le ver de la pomme est à l’heure actuelle combattu par la confusion sexuelle .

2) LES PROBLEMES DE LA CONVERSION AU BIO sont donc de 2 ordres
- Ordre technique (trouver des traitements naturels alternatifs qui n’existent pas encore : Bernard semble assez isolé et ne peut recourir qu’aux forums de discussion entre agriculteur pour trouver une solution aux nuisances)
- ordre administratif (démarches et papier à suivre assez lourd pour un agriculteur à la charge de travail déjà considérable)

Dans 50% du verger aucun traitement de synthèse n’est employé – seulement les traitements « naturels » prévus au cahier des charges européen de l’agriculture biologique ( cuivre – soufre- oligoéléments – éléments organiques naturels – algues – insecticide naturel)
Dans l’autre partie du verger (certaines pommes notamment la gala) quelques traitements de synthèse (10 contre 40 dans l’agriculture conventionnelle) sont maintenus pour les races pour lesquelles Bernard n’a pas encore trouvé de solution alternative.
La production de Bernard se compose de pommes – poire –prune –cerise – framboises.

3) LA QUESTION DES BREVETS ET LICENCES
La production est réalisé à partir d’achat de plants et il est apparu au cours de la discussion qu’une part de l’activité agricole est gravement entravée par les droits de la propriété intellectuelle (dépôt de brevets sur la plupart des espèces intéressantes obligeant l’agriculteur à payer une redevance annuelle grevant gravement son budget et limitant son indépendance interdiction de multiplier une espèce )



La problématique est donc d’arbitrer entre la question de la production bio et celle de la proximité géographique – il ne semble pas possible à court terme vu la saturation de l’offre bio et les difficultés de la production de fruits en Ile de France (peu sont en agriculture biologique) de trouver un producteur labellisé bio – Soutenir un agriculteur qui fait l'effort malgré les difficultés de se tourner vers le bio – semble raisonnable et cohérent avec notre démarche. Nous avons pris conscience de la difficulté d’impulser un changement quand tout un système socio- technique cohérent est en place ( aides et subventions qui vont en priorité aux céréaliers conventionnels – réglementation favorable aux grands groupes de l’agro alimentaire – absence de formation des agriculteurs – information professionnelle partielle et contrôlée par les « gros « - contrôle du foncier par les agriculteurs en place qui refuse de louer des terres aux agriculteurs qui souhaitent se lancer dans le bio )
En bref c’est tout une profession qui semble indifférente si ce n’est hostile au changement - seule une action massive et résolue et durable des consommateurs pourra faire peser la balance dans l’autre sens.

4) LIVRAISON PANIER DE FRUITS
Bernard se propose de livrer toutes les 3 semaines un panier de fruits pommes et poires ( 7 – 8 variétés ) pour un prix de 2 euros le kilos
Cela fait pour la saison d’hiver 5 livraisons – de nouveaux contrats seront prévus en janvier


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